Voici pour commencer et vous mettre en apetit Bloody Mary

Voici pour commencer et vous mettre en apetit Bloody Mary
"Pour ceux qui croient, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune ne serait suffisante." Joseph Dunninger 1892-1975 (mentaliste américain)


La légende de Bloody Mary (la Vierge sanglante) veut que lorsqu'on est dans une pièce sombre, devant un miroir éclairé à la chandelle et que l'on prononce "Bloody Mary" treize fois de suite, un visage de femme ensanglantée fait son apparition dans le miroir pour parfois s'attaquer à ceux qui l'ont appelé.

Plusieurs façons différentes d'invoquer cette mystérieuse femme semblent d'ailleurs exister. La façon la plus populaire reste quand même la suivante. S'enfermer dans une salle de bain munie d'un grand miroir, y éteindre les lumières pour s'y retrouver dans la noirceur complète et allumer deux bougies que l'on placera de chaque côté du miroir. Fixer le miroir très attentivement, droit dans les yeux de votre propre réflexion. Débutez ensuite à prononcer à voix très basse et très douce, voire presqu'invitante, le nom de "Bloody Mary" puis commencez à tourner sur vous même. Tout en continuant de tourner, prononcer le nom de l'esprit de plus en plus fort, presque comme dans un chant, pour que vers la treizième fois, vous l'imploriez, presqu'en criant. À chaque tours sur vous même, fixer le miroir en passant. Au treizième tours, votre réflexion sera maintenant celle de la Vierge sanglante.

À ce qu'on dit, elle est vraiment effrayante, son visage recouvert de sang et ses mains devant elle qui cherchent à vous prendre. Pour quelques croyants, cette femme ne veut que vous effrayer en bondissant de l'avant, vers vous. D'autres affirment que la Vierge sanglante vous attaque littéralement, vous laissant vous aussi en sang si vous ne vous échappez pas à temps.

Cette légende a tellement été prise au sérieux qu'en 1978, aux États-Unis, la folkloriste Janet Langlois décida d'écrire un essai sur cette histoire. On l'utilise encore dans certains cours universitaires sur les légendes urbaines en Amérique. Le film CANDYMAN est d'ailleurs basé sur cet essai.

Une autre croyance, adapté pour les plus braves, est celle de provoquer l'apparition de Bloody Mary en ajoutant à son nom la phrase suivante: "Bloody Mary, I killed your baby!" (Vierge sanglante, j'ai tué ton enfant). Cependant, on raconte qu'une telle invocation provoque une attaque de l'entité. Une attaque sauvage et sans merci.

Plusieurs pensent que Bloody Mary est la Vierge Marie en personne venue vous avertir de ne pas jouer avec son nom, ni le nom de son Fils, Jésus. D'autres racontent qu'elle serait une sorcière jadis brûlée vive par les habitants de son village pour sorcellerie et que quiconque invoque son nom sera frappé par la malédiction dont elle menaça ceux qui l'ont brûlée. Une minorité disent que c'est l'esprit d'une femme décédée avec son fils dans un accident d'auto quand la voiture s'enflamma, laissant sans vie la mère et le petit. La dame décida de vivre à jamais dans les miroirs, pour se venger de ceux qui ont tué son enfant. Tant d'histoires, laquelle croire?

Alors, serez-vous assez brave pour tenter l'expérience?

# Posté le vendredi 06 juin 2008 11:51

Modifié le dimanche 08 juin 2008 07:14

Satan est parmi nous

Satan est parmi nous
"Pour ceux qui croient, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune ne serait suffisante." Joseph Dunninger 1892-1975 (mentaliste américain)


Cette petite histoire nous se produisit le 8 février 1855 dans la campagne anglaise. Ce jour est resté gravé dans la mémoire des habitants des nombreux petits villages de la région du Devon. Bien qu'aucune preuve concrète soit restée visible de cet évènement, il y a eu plusieurs témoins, ce qui peut donner une bonne crédibilité à l'histoire.

Les marques de « sabot du diable » doivent leur nom aux villageois stupéfaits qui les ont vu apparaître du jour au lendemain alentour de leurs villages. Ce matin là, ils découvrirent dans la neige d'innombrables empreintes mystérieuses. L'énigmatique piste fesait le tour de 18 villages et se retrouvait sur plus de 160 kilomètres.
Les mystérieuses traces de sabots du diable

Ce qui rendait la piste vraiment mystérieuse, c'est que les traces de sabots étaient alignées en ligne droite, comme si la créature qui les avaient laissée derrière elle n'avais qu'une patte, ou marchait en bondissant un pied devant l'autre. Les traces fesaient 7 cm de largeur et 10 cm de longueur. Les empreintes se répétaient à intervalle régulier et, n'avaient laissées aucun résidus de neige alentour, comme si la neige avait été enlevée ou avait fondue. À certains endroits les traces étaient si nettes qu'ont auraient pu croire qu'elles avaient été imprimées ou encore coupées grâce à un couteau.

Accompagnés de leurs chiens et de leurs armes, certains villageois décidèrent donc d'enquêter sur ce phénomène, mais ce qu'ils trouvèrent ne fera que renforcer davantage le mystère. Ils sillonnèrent la campagne en tous sens, visitant les fermes, reliant les villages de Bicton, Powdersham, Dawlish, Totnes, Torquay et quelques autres.

En effet, les traces ne semblaient que très peu être influencées par les contraintes du terrain. La mystérieuse créature avait marchée sur les murs, sautée par dessus des maisons et traversée de murs par des fissures ou marcher par dessus des charettes remplies de foin. Le comble fut atteint lorsqu'on en découvrit à l'intérieur d'une buse de drainage de 15 centimètres de diamètre, entrant et ressortant de l'autre coté comme si l'obstacle n'avait pas existé... Les traces traversaient un estuaire et se recroisaient aussi à certains endroits, rendant presque impossible de savoir ce que pouvait bien chercher cette curieuse créature.

Les hypothèses furent très nombreuses, certains croyaient à un espèce de reptile, une outarde ou même un kangourou, mais aucune de ces explications ne tient la route. D'autant plus que la distance parcourue est vraiment trop grande pour qu'un homme puisse la parcourir en une seule nuit et nul n'est capable de sauter par dessus les murs ou de suivre le curieux trajet qu'avait suivie la bête.

En 1855, les hélicoptères et les moyens que nous aurions aujourd'hui pour faire ce genre (et encore là, il serait impossible de le faire avec autant de discrètion que celle dont à fait preuve l'insolite animal) seraient bruyant et resterais complexe. À cette époque, le ballon à air chaud motorisé venait de faire son apparition en France (1852), mais il aurait été impossible d'effectuer un tel parcour avec une telle précision. De plus, les moteurs étaient bruyants.

D'ailleurs, il ne faut pas oublier que pour compliquer toute l'histoire, les témoins ont tous déclarés que les traces ne semblaient pas avoir été faite par compression, mais plutôt comme si la neige avait été enlevée.

Il ne semble pas exister d'explication plausible à cette histoire, elle fait partie de ces récits donc la cause restera pour toujours ignorée...


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# Posté le vendredi 06 juin 2008 12:15

Modifié le dimanche 08 juin 2008 19:37

Dame Blanche : une auto-stoppeuse mystérieuse

Dame Blanche : une auto-stoppeuse mystérieuse
"Pour ceux qui croient, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune ne serait suffisante." Joseph Dunninger 1892-1975 (mentaliste américain)


La Dame Blanche est une légende basée sur plusieurs témoignages. Souvent, on raconte qu'à plusieurs endroits précis une femme vêtue de blanc portant un châle qui cacherait son visage apparaîtrait. Il existe plusieurs versions des apparitions de la dame blanche. La plus connue étant celle de l'automobiliste. On dit que la dame blanche est une auto-stoppeuse. Si vous la prenez, elle vous prévient juste de faire attention juste avant un virage et disparaît mystérieusement après le virage. Par contre, si vous la laissez en plan, vous provoquez un accident fatal dans le virage.

En France, la dame blanche apparaîtrait comme auto-stoppeuse dans la forêt de Compiègne car les rumeurs disent que le mari de la dame blanche serait mort dans un de ces virages. On raconte également qu'on l'aperçoit au niveau de l'abribus du C.H.U. de Caen car une jeune femme serait morte sur le trajet de la D17. La jeune femme resterait discrète et commencerait à s'apeurer à l'approche du virage. Enfin, elle crierait « Attention au virage ! » et disparaîtrait une fois celui-ci passé. Une autre version de la légende de la dame blanche serait un fantôme qui errerait dans les châteaux. En France, par exemple dans le château de Trécesson dans le Morbihan, le fantôme de la dame blanche apparaîtrait de temps à autre. Il proviendrait d'une femme enterrée vivante dans les combles du château. Dans le château de Pouancé en Maine et Loire, des histoires sordides de dame blanche circulent également. Une première version serait que le fantôme de la dame blanche serait celui d'une femme morte à cause d'une crise de jalousie de son mari qu'il l'aurait d'abord attablée avec de beaux couverts en argent, puis il la fit attacher à cette même table et enfin il l'emmura vivante !

Le plus étrange dans cette histoire, c'est que quelques années après la révolution française, on découvrit une pièce secrète dans le château de Pouancé où l'on retrouva justement le cadavre d'une femme attablée avec une pièce d'or dans la bouche. Des couverts en argent reposaient sur cette table. L'autre version qui est dite à propos de la dame blanche du château de Pouancé est qu'elle serait le fantôme de Marie Delorme. Cette jeune femme aurait été prise d'amour pour un chevalier breton, ennemi du château de Pouancé à l'époque.

dame blanche
Par amour, Marie Delorme aurait ouvert les portes de la ville aux Bretons pour qu'ils puissent l'assiéger. Condamnée pour trahison, la légende raconte qu'elle fut emmurée. Néanmoins, l'Histoire dit qu'elle fut pendue. D'autre part, certaines personnes voient apparaître la dame blanche juste avant un événement marquant comme un décès ou une naissance. Il faut savoir que les légendes de dame blanche ne se limitent pas à la France, loin de là. Depuis plusieurs siècles, des histoires similaires se racontent dans d'autres pays comme en Italie, en Allemagne et au Canada. En Allemagne, la dame blanche hanterait le château de Setin. Elle serait le fantôme d'une jeune fille qui passa au bûcher pour sorcellerie. Au Canada, non loin de la ville de Québec, la dame blanche apparaîtrait au niveau des chutes de Montmorency.

L'histoire raconte que deux jeunes amoureux, Mathilde et Louis, furent séparés durant la guerre contre les Anglais. Louis fut envoyé au combat mais il ne revint pas parmi les soldats. Mathilde partit alors à sa recherche et retrouva son corps inanimé près des chutes de Montmorency. Accablée par la peine, elle décida d'enfiler sa robe de mariée et de mettre fin à sa vie en sautant des chutes. Les habitants de là-bas disent que son fantôme apparaîtrait encore certains soirs...
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# Posté le samedi 07 juin 2008 04:27

Modifié le dimanche 08 juin 2008 07:09

Les p'tit hommes verts

Les p'tit  hommes  verts
"Pour ceux qui croient, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune ne serait suffisante." Joseph Dunninger 1892-1975 (mentaliste américain)


On a retrouvé des dessins à des époques très reculées dans toutes les parties du monde, et représentant de manière non ambiguë des êtres et des engins que nous pourrons sans problème qualifier d'extra-terrestres. Il ne faut pas oublier que les artistes préhistoriques dessinaient ce qu'ils avaient l'habitude d'observer: peut-on en conclure qu'à une époque où la Terre était complètement sous-développée, l'activité extra-terrestre se faisait au grand jour? Possible!

En tout cas, supposer que des extra-terrestres nous ont découvert subitement, il y a seulement 50 ans, c'est tout bonnement manquer de bon sens, étant donné que les civilisations extra-terrestres n'ont aucune raison de s'être développées en même temps que nous ni toutes à la même vitesse. Statistiquement, ils devraient nous avoir découverts il y a des dizaines de milliers d'années, voire des millions d'années, et d'autres devaient continuer de nous découvrir au cours des milliers d'années qui s'écoulèrent et continueront à nous découvrir.

Il existe aussi des récits du moyen âge décrivant des boules lumineuses, des soucoupes et autres Ovnis, bien sûr en termes du moyen âge (mais à nouveau sans ambiguïté), ainsi que quelques gravures accompagnant ces récits. Certaines peintures sont aussi très éloquentes! Je crois que tout ceci est cohérent: les extra-terrestres nous visitent depuis des centaines de milliers d'années et continuent à le faire; et manifestement, ils ne sont pas belliqueux, sans quoi nous ne serions plus là depuis longtemps pour nous poser cette question.

A l'époque où l'ancien testament a été écrit, on observait des "colonnes de nuées et de feu", et récemment, un témoin d'Ovni a vu le phénomène sous forme de colonne de feu. Il y a quelques années, un témoin a observé un Ovni de forme très bizarre qui n'avait pas été répertoriée et dont la forme particulière figurait très exactement parmi des gravures rupestres anciennes. Ceux qui pensent que les "soucoupes volantes" sont sorties droit de l'imagination de nos contemporains devraient s'intéresser un peu plus à ce type d'information.

Quant à ceux qui mettent en avant la très grande diversité des formes d'Ovnis pour en discréditer la réalité, ils feraient bien d'y repenser à deux fois. A mon avis, la technologie de déplacement des civilisations extra-terrestres est au point depuis des temps immémoriaux, et ils n'en changent plus les formes, mais par contre il existe tant de civilisations nous visitant, et tant de "modèles" d'engins volant par civilisation, que nous ne sommes pas près d'arriver au bout de nos peines (par analogie, il suffit de considérer tous les modèles de voiture existant sur Terre pour essayer de se donner une idée, et de multiplier par le nombre de civilisations extra-terrestres pouvant nous visiter).

Un autre élément à ajouter est que certains Ovnis semblent pouvoir prendre la forme extérieure qu'ils veulent (peut-être des projections holographiques?) si ils le désirent, comme ces Ovnis qui essaient d'imiter les Sky-Tracers (la revue "Lumières dans la Nuit" en a beaucoup parlé). Jacques Vallée a lui aussi beaucoup étudié la question dans ses livres, et il a pu trouver trace d'"Ovnis" prenant la forme de dirigeables au 19ème siècle. Il semble que les technologies extra-terrestres soient diverses, et que leurs intentions sont de révéler doucement leur présence sans choquer. Pour quelle raison? Là aussi, il est possible d'obtenir quelques réponses.

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# Posté le dimanche 08 juin 2008 19:22

La bête du Gévaudan

La bête du Gévaudan
"Pour ceux qui croient, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune ne serait suffisante." Joseph Dunninger 1892-1975 (mentaliste américain)


La rumeur se répandit comme la foudre. Dans toute la Haute-Loire, région du sud de la France, les gens se déplaçaient avec défiance et verrouillaient leur porte pour se protéger du démon malveillant qui rôdait dans la campagne à la nuit tombée. Le corps d'une jeune fille avait été découvert à l'orée de la forêt de Mercoire, à quelques kilomètres au sud de Langogne, littéralement déchiqueté. Le loup avait encore frappé...

On disait que la bête responsable de ce méfait était d'un autre monde, avait la taille d'un taureau, de grandes griffes dures comme de l'acier et des oreilles pointues ressemblant aux cornes du diable. Son poil était rougeâtre, avec une bande noire sur l'échine – du moins – c'est ce que les gens disaient, car, bien sûr, personne ne l'avait vue ou n'avait survécu à cette vision pour en parler. Mais chacun disait connaître quelqu'un qui avait vu la bête.

La première victime du loup fut une fillette de 14 ans retrouvée égorgée le 3 juillet 1764. Une semaine plus tard, ce fut le tour d'une autre. En août, la bête dévora presque entièrement un garçon de 15 ans et en septembre comptaient deux nouvelles jeunes filles, une femme et un autre garçon. Ces atrocités se déroulèrent toutes dans la région boisée du Gévaudan, et dans chacun des cas, le c½ur de la victime avait été dévoré.

Fin septembre, les habitants de Gévaudan sont en proie à la terreur. Les loups s'attaquent généralement aux moutons et au bétail, mais rarement à l'homme – ou alors seulement au c½ur de l'hiver quand la faim les rend féroces.

En réponse à un appel désespéré du maire de la ville, 40 dragons arrivent à Langogne et ratissent pendant plusieurs jours les bois du Gévaudan sans repérer de loup. Les gens commencent à respirer, peut-être la bête a-t-elle quitté la région ?

Puis, le premier jour d'octobre, une enfant de 12 ans est attaquée et sauvagement mutilée près de sa maison dans la région de Saint-Chély-d'Apchier. Le 7 octobre, deux petites filles sont encore tuées ; une semaine plus tard, c'est le tour d'une femme de vingt ans.

Le gouverneur de Languedoc donne l'ordre d'interdire aux femmes et aux enfants de travailler seuls aux champs, et organise une battue de grande envergure pour capturer la bête. Les semaines suivantes, des soldats et des paysans armés tuent plusieurs loups – mais aucun qui ne ressemble à la bête. Désespérés, les habitants du Gévaudan sont de plus en plus convaincus que la bête ne vient pas de ce monde et qu'on ne peut rien faire contre elle. La neige se met à tomber en flocons serrés, mettant fin aux battues.

Le 12 janvier 1765, la bête connaît sa première défaite près de Villeret-d'Apchier. Conduit par un enfant de 12 ans, André Portefaix, un petit groupe attaque la bête en essayant de la toucher aux yeux. L'un d'entre eux l'atteint à la mâchoire et l'oblige à lâcher prise. Finalement, saignant de ses profondes blessures, l'animal prit la fuite. Le soulagement du peuple fut toutefois de courte durée. Avant la fin janvier, comme enragée par sa défaite, la bête ajouta cinq victimes à sa liste. Le roi promit 6 000 livres à celui qui en viendrait à bout.

Le 7 février 1765, 20 000 hommes – tous ceux capables de porter une arme – convergent vers le Mont-Grand où la bête a été aperçue. Un bataillon de dragons la force à sortir de sa réserve et la rabat vers la rivière Truyère où attend un groupe de paysans. Malheureusement, ces derniers s'étant postés au mauvais endroit, la bête parvient à rejoindre l'autre rive à la nage et disparaît dans les bois.

Elle réapparaît une heure plus tard. Les mousquets font feu et la couche sur le flanc. Mais elle se relève et gagne la forêt en boitant. Les poursuivants sont toutefois certains de l'avoir touchée à mort. Aucune créature de chair et d'os ne peut survivre à une telle volée de plomb. Pourtant, moins de vingt-quatre heures plus tard, la bête décapite une jeune fille. Dans la neige où repose son corps, elle n'a laissé aucune trace.

Les gens superstitieux du Languedoc se sont désormais fait à l'idée que la bête est l'instrument du diable et qu'aucun mortel n'a le pouvoir de l'abattre. Pour ne rien arranger, l'église s'en mêle et déclare que le loup a été envoyé par Dieu pour punir les paysans de leurs péchés. Le pays est en deuil ; une atmosphère sinistre règne. Les gens vaquent furtivement à leurs occupations, aiguillonnés par la peur. Pendant ce temps, dans le seul mois de Mars, la bête tue huit autres personnes.

Le 7 avril, après des mois de recherches infructueuses, les dragons quittent Langogne. Comme pour célébrer l'évènement, la bête égorge une jeune bergère de 17 ans. Le 30 avril, après avoir fait trois autres victimes, elle est touchée à deux reprises par un chasseur à proximité de Saint-Alban. Elle s'échappe, laissant une mare de sang derrière elle, mais, quelques heures plus tard, une femme de 40 ans est tuée.

La bête s'enhardit chaque jour davantage, rôdant dans les rues des villages à la tombée de la nuit, grondant devant les portes barricadées. Les gens murmurent qu'elle se déplace sur les pattes de derrière, comme un homme et un nom terrible commence à circuler de bouche à oreille, un nom que personne n'osait prononcer : loup-garou!

Puis, en mai, l'espoir revient. Pendant presque trois semaines, aucune nouvelle victime n'est signalée. Après tout, la bête est peut-être mortelle. Peut-être que le plomb des mousquets l'avait mortellement touchée. Mais cet espoir fut bientôt anéanti. Le soir du 19 mai, dans les bois de Servilange, la bête attaque une vieille femme et lui dévore le c½ur. Et le 24 mai, elle compense sa période d'inactivité en tuant pas moins de quatre personnes en une seule journée. En juin, la terreur est à son comble, car la bête frappe plusieurs fois à proximité des habitations.

Pendant ce temps, le roi Louis craint chaque jour davantage que la terreur des paysans ne se change en révolte. En juillet, il nomme le Maître de la Chasse royale – Monsieur Antoine – à la tête de 20 gardes et lui donne l'ordre d'en finir avec cette bête du Gévaudan, dut-il y laisser sa vie. Si les paysans furent impressionnés par les uniformes des gardes, il n'en alla pas de même pour la bête qui, le 9 août au soir, tua une laitière sous les fenêtre du Château de Besset où séjournait justement Monsieur Antoine.

Une nouvelle et sensationnelle rumeur enflamma les campagnes. La bête était bien un loup-garou et l'on affirmait que l'homme qui se changeait en créature infernale avait été capturé. Il s'appelait Jean Chastel et vivait en ermite dans la forêt. Il avait été autrefois fait prisonnier par les Maures, en Afrique du Nord, et ceux-ci l'avait torturé et transformé en créature bancale, tant au physique qu'au moral. Chastel occupait cette partie de la forêt où l'on savait que la bête se terrait. Un beau jour, Monsieur Antoine le dénicha. Non seulement l'homme refusa de répondre aux questions, mais il poussa un hurlement de rage et se jeta sur son interlocuteur. Les gardes s'en saisirent et le jetèrent en prison pour plusieurs semaines.

On raconte que l'arrestation de Chastel mit fin aux tueries. Vrai ou faux, toujours est-il que Chastel fut relâché le 1er septembre et que le lendemain une jeune fille fut mise en pièces. Le 9 septembre, le cadavre mutilé d'une autre jeune fille est découvert, et deux jours plus tard, un muletier est attaqué et tué. Le 13 septembre, une fillette de 12 ans disparaît et les gens qui partent à sa recherche ne trouvent que son bonnet et ses sabots.

Antoine fait venir des chiens de chasse de Paris et organise une nouvelle battue pour capturer la bête mais, bien qu'il réussisse à tuer un gros loup, tout le monde sait qu'il ne s'agit pas de la bête. Déshonoré, il plie bagages début novembre et quitte le Gévaudan pour ne plus jamais y revenir.

Un mois s'écoule, la bête frappe à nouveau, attaquant deux bergères et tuant l'une d'entre elles. Le 10 décembre, c'est le tour d'une autre jeune fille et onze jours plus tard, une enfant répondant au nom d'Agnès Mourgues est dévorée. Ce qu'il reste d'elle est si dérisoire que le curé juge inutile de procéder à un enterrement.

La chasse à la créature diabolique se poursuit, et c'est désormais un jeune noble, le marquis d'Apchier, qui en prend le commandement. A la tête de 90 hommes, il part en battue chaque dimanche matin dans les forêts du voisinage, mais revient toujours bredouille.

Le 4 mars 1766, à la tombée du jour, la bête attaque et tue le petit Jean Bergougnioux, 9 ans, qui rentrait les vaches de son père pour la traite. Dix jours plus tard, Marie Bompard, 8 ans, subit le même sort dans les bois de Liconesse.

En désespoir de cause, le marquis ordonne à des hommes d'abattre une douzaine de chiens, puis d'en empoisonner les carcasses et de les disséminer dans les bois. Des nombreux animaux meurent, mais la bête n'en fait pas partie. Le 17 avril, une petite fille de 6 ans est dévorée près de Clavières, puis un garçonnet de 10 ans subit le même sort quelques semaines plus tard.

On ne rapporte aucune tuerie entre le 4 juin 1766, date à laquelle une jeune fille est décapitée, et la fin du mois d'août de la même année. Chacun ose espérer que la bête s'est lassée de ses terribles faits. Entre septembre 1766 et mars 1767, on enregistre en moyenne une tuerie par mois. Mais ce même mois de mars accuse une résurgence brutale. Huit personnes périssent, toutes dans les environs de la même paroisse. Le mois suivant, l'horreur se répète dans différents villages.

Le 19 juin 1767, une petite armée s'enfonce une fois de plus dans la forêt, bien décidée à poursuivre la bête jusqu'à n'en plus pouvoir. Parmi ses hommes se trouve Antoine Chastel, le père de Jean Chastel, lequel était retourné dans les bois pour échapper à la vengeance de ceux qui affirmaient qu'il était mi-homme le jour et bête la nuit.

Alors qu'il s'enfonce dans la forêt en suivant la colonne des rabatteurs, Antoine Chastel serre son mousquet contre son c½ur. Cette arme est chargée avec un projectile en argent, fabriqué par ses soins. Débouchant sur une grande clairière, Chastel s'assied sur une souche d'arbre et attend en feuilletant son livre de prières. Les bruits de la chasse s'éloignent et un inquiétant silence tombe sur les bois.

Soudain, Chastel a la sensation d'être observé. Levant la tête, il éprouve un sentiment de griserie mêlé de peur. Le moment est enfin venu. En bordure de la clairière, la bête se tient immobile. Lentement, avec des gestes délibérés, Chastel referme son livre de prières qu'il glisse dans sa poche. Puis, un genou à terre, il pointe son mousquet sur la bête, s'appliquant à viser l'endroit vulnérable, juste derrière la patte avant gauche. L'écho de la détonation se répercute d'arbre en arbre. Quand la fumée se dissipe, la bête gît sur le flanc et l'herbe tout autour est éclaboussée de sang.

Chastel s'approcha prudemment et observa la bête. Elle était certes de bonne taille, mais guère plus grosse qu'un loup mâle ordinaire. Le plus terrifiant est que même morte elle respirait la cruauté et la férocité. Chastel resta perplexe devant la dépouille de l'animal. S'agissait-il vraiment d'un loup? Les pattes étaient trop épaisses et sa poitrine était trop large. En outre, l'extrémité des pattes avaient une forme allongée et comptait une griffe supplémentaire. La fourrure rougeâtre était rayée d'étranges bandes noires et arborait une marque blanche en forme de c½ur sur sa poitrine.

Aujourd'hui encore, soit plus de deux siècles après que le projectile en argent d'Antoine Chastel mit fin à l'existence de cette créature, la véritable nature de la bête du Gévaudan reste enveloppée de mystère. Nombreux sont ceux qui estimèrent que l'animal mystérieux tué par Chastel n'avait rien à voir avec la bête. Il n'en demeure pas moins que les tueries cessèrent après le 19 juin 1767.

Combien de personnes furent tuées pendant ces trois années de terreur, on ne le saura jamais avec précision. Les annales de la région en dénombrent au moins 75. Et il faut ajouter à cela 30 personnes grièvement blessées ou mutilées. Certains témoins continuèrent de soutenir que la bête était un loup-garou, mais, si telle est la vérité, celle-ci n'avait rien à voir avec le fils d'Antoine Chastel, Jean, car ce dernier réapparut quelques jours plus tard, définitivement blanchi de toute accusation. Il se peut aussi que la bête fut un caprice de la nature alliant une ruse proche de l'intelligence humaine et un corps d'une force exceptionnelle. Mais, quelque soit la vérité, les légendes ont la peau dure dans cette terre du languedoc pétrie de superstitions et celle de la bête, qui y laissa son empreinte sanglante, n'échappe pas à cette règle.

# Posté le lundi 09 juin 2008 16:16